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Le contenu de la COP 21 en cinq minutes

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COP 21

La conférence de Paris (COP 21) s’est achevée le samedi 12 décembre 2015, certes avec un jour de retard sur le calendrier officiel, mais surtout avec un accord historique à la clé. Par rapport à la précédente grande conférence internationale de Copenhague en 2009 (COP 15), les engagements apparaissent ici beaucoup plus fermes, et audacieux. Le résultat final dépasse même les espoirs initiaux, sous la forme d’un document officiel de l’ONU, limité à une quarantaine de pages avec 29 articles. Baptisé « Accords de Paris », ce texte aussitôt rendu public devra entrer en vigueur à l’horizon 2020.

 

De l’ambition : limiter le réchauffement climatique à 1,5°

 

C’était l’objectif phare de la COP 21 : limiter le réchauffement climatique à 2° à la fin du siècle. Un seuil considéré comme maximal, afin de limiter à un niveau « tolérable » les effets du réchauffement sur la planète. Sur ce point particulier, la COP 21 a dépassé les attentes, comme le stipule clairement l’article 2 des Accords de Paris : « l’action menée (doit) limiter l’élévation des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Ces « niveaux préindustriels » font référence aux temps historiques précédant la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle. Depuis cette révolution, tout au long du XXe siècle, et surtout depuis les années 1950, un très net réchauffement s’est opéré sur l’ensemble de la planète, du fait des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique (ou du moins en grande partie, les causalités réelles demeurant discutées).

Cet objectif de limitation à 1,5° est aussi symbolique qu’ambitieux, révélateur du désir collectif de lutter très sérieusement contre le réchauffement climatique. Dans les faits, le réchauffement climatique frôle d’ores et déjà un degré depuis près d’un siècle, réduisant d’autant la marge. Par ailleurs, même si toutes les émissions de gaz à effet de serre cessaient dès maintenant, le réchauffement climatique obéirait à un phénomène d’inertie, c’est-à-dire que les particules déjà émises continueraient à participer au réchauffement sur plusieurs années. La lutte pour limiter le réchauffement sera ainsi particulièrement âpre et nécessitera un investissement général de la part 195 états signataires. 


Une aide financière massive pour les pays de l’hémisphère sud

 

Les nations les plus industrialisées et donc les plus émettrices de gaz à effet de serre se concentrent historiquement dans l’hémisphère nord. La Chine, les États-Unis, l’Union européenne, la Russie, le Japon ou encore l’Allemagne figurent en tête des Etats, entités les plus polluants. L’un des principaux objectifs de la COP 21 était ainsi de fournir un soutien en faveur des nations peu industrialisées ou en voie de développement de l’hémisphère sud, justement inquiètes de voir leur potentiel industriel brimé par les pays développés de l’hémisphère nord.

L’article 4 des Accords de Paris stipule ainsi « un appui renforcé en faveur des pays en développement (…) leur permettra de prendre des mesures plus ambitieuses ». Concrètement, cet appui devrait prendre la forme d’une somme de 100 milliards de dollars (environ 91 millions d’euros) allouée chaque année par les nations de l’hémisphère nord en faveur de celles du sud, à partir de 2020. Un nouveau montant devrait être négocié lors des prochaines COP d’ici 2025.

 

De la contrainte juridique

 

Au-delà des engagements forts de la COP21, la réussite de la conférence passe par la mise en application concrète des Accords de Paris. Le président François Hollande et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avaient ainsi insisté sur la nécessité d’un accord « juridiquement contraignant ». De fait, et même si le texte des accords ne prévoit pas explicitement de sanctions juridiques, des efforts visibles et publiques sont attendus de tous les états, comme le stipule l’article 4 : « Chaque Partie établit, communique et actualise les contributions déterminées au niveau national successives qu’elle prévoit de réaliser. Les parties prennent des mesures internes pour l’atténuation en vue de réaliser les objectifs desdites contributions ».

Ainsi, même en l’absence de mesures coercitives – par ailleurs difficilement concevables dans leur contenu et leur application, les Accords de Paris misent sur l’obligation de transparence et de communication publique des objectifs et des résultats, au risque sinon d’attirer l’attention internationale sur les contrevenants. Il s’agit à ce niveau là d’une nette évolution par rapport aux précédents accords de Kyoto de 1997, peu ou pas contraignants.