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La COP 21, et après ?

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La prochaine COP 22 de Marrakech en décembre sera forcée de continuer sur la lancée spectaculaire des Accords de Paris, en essayant de commencer à traduire en actes concrets les engagements approuvés par les 195 États.

Que dit le texte d’accord de la COP 21 ?

 

Le texte de la COP 21 est le fruit des deux semaines de discussions laborieuses clôturées le 15 décembre 2015 par « l’Accord de Paris ». Approuvé par l’ensemble des 195 délégations (mais pas encore signé et ratifié), le texte est épais de 39 pages dont 17 juridiquement contraignantes. L’une des décisions majeures et certainement la plus symbolique concerne la limite souhaitée du réchauffement climatique. Selon l’article 2, « l’élévation de la température moyenne de la planète [doit être] nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Un objectif de limitation à 1,5° assurément courageux, et aussi particulièrement ambitieux.

L’autre décision phare de l’Accord de Paris concerne l’aide apportée aux pays émergents et / ou déjà touchés par les conséquences du réchauffement climatique par les pays riches, qui pour beaucoup ont fondé leur réussite sur une industrie très polluante. « Un appui, financier notamment, est fourni aux pays en développement », stipule ainsi l’article 10. Si la somme des 100 milliards de dollars par an promise en 2009 ne figure pas dans la partie contraignante du texte (pour passer outre l’hostilité du Sénat américain), elle demeure toutefois mentionnée dans la première partie décisionnelle. Ces engagements et, de manière générale tout le texte de l’accord, sont susceptibles d’être révisés tous les cinq ans.

 

La COP 22 de Marrakech : traduire en faits la COP 21

 

Si l’Accord de Paris est incontestablement un succès symbolique et un tour de force de la diplomatie internationale, de nombreuses critiques de fond n’ont pas manqué d’affleurer dès la publication des résultats. La principale porte sur le fameux objectif des 2 voire 1,5° de réchauffement. De l’aveu même des spécialistes, la barre des 1,5° à long terme serait de facto impossible à tenir. Le réchauffement actuel atteint depuis la Révolution industrielle s’élève déjà à 1° ; par ailleurs, ce même réchauffement dispose d’un potentiel d’inertie d’au moins 0,6°.

En somme, même si l’Humanité cessait immédiatement toute émission de gaz à effet de serre, la planète continuerait pour autant de se réchauffer quelques années d’au moins 0,6°, dépassant obligatoirement les 1,5° espérés. L’objectif de 2° demeure donc pour le moins invraisemblable, à condition toutefois d’immédiatement entamer d’énormes efforts (et sans prendre en considération l’hypothèse sérieuse d’un réchauffement naturel de la planète), mais là encore, l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris n’est prévu que pour 2020.

La tâche s’annonce ainsi complexe pour la prochaine COP 22, qui se déroulera du 7 au 18 novembre 2016 à Marrakech. Selon la ministre déléguée chargée de l’Environnement, madame Hakima El Haité, il s’agira de surfer sur le vent d’audace de la COP 21, avec l’ambition de commencer à la traduire en actes concrets : la COP 22 sera « celle de l'innovation en matière d'adaptation et d'atténuation aux effets du changement climatique », et « l'occasion de développer des outils opérationnels ». Cette nouvelle conférence internationale aura ainsi pour thèmes, toujours selon la ministre déléguée, « l’atténuation aux effets du changement climatique et l’innovation en matière d’adaptation ».

Le choix du Maroc comme organisateur de la COP 22 n’est par ailleurs pas anodin. Le royaume est l’un des meilleurs élèves en matière de développement durable, notamment grâce à son spectaculaire programme de développement des « énergies vertes », qui devrait permettre d’ici 2030 de couvrir la moitié de ses besoins en électricité.