Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Éco-constrution : la revanche du chanvre

Votre projet

chanvre

Outragé, humilié et battu par le coton et les fibres synthétiques, oublié et presque éradiqué des campagnes françaises, le chanvre agricole avait-il dit son dernier mot ? Non ! Dans le domaine de la construction, il constitue désormais un « éco-matériau », apprécié pour ses qualités écologiques, économiques et esthétiques.

 

Le chanvre et les nouvelles normes énergétiques

 

Comme la plupart des nouveaux « éco-matériaux », le chanvre se distingue dans les faits par son ancienneté car, cultivé par l’homme depuis le néolithique pour la qualité de sa fibre. Il est utilisé durant plusieurs millénaires pour confectionner des vêtements, des cordages, des cosmétiques puis par la suite, du papier. Le début du vingtième siècle manque de lui être fatal, avec l’arrivée massive du coton des États-Unis, puis le développement de la fibre synthétique, plus rapide et économique à produire. La France était alors un gros producteur de chanvre industriel, totalisant au 19ème siècle 175 000 hectares de terrains dédiés à cette culture. Le chanvre déserte par la suite presque totalement les campagnes françaises. De nos jours, et malgré le renouveau de cette plante, seuls 7 000 hectares de chanvre sont cultivés, principalement en Champagne-Ardenne, en région parisienne, en Bretagne, en Haute-Garonne et dans les pays de la Loire.

Il faut bien parler de renouveau, puisque le chanvre s’est invité dans un domaine tout à fait inattendu : la construction. Au début des années 1990, des expérimentations ont conduit à révéler les étonnantes qualités énergétiques du chanvre à la fois dans l’isolation et en tant que matériau de construction à part entière, avec en outre un intérêt écologique de loin supérieur au béton. Les années 2000 ont fini par mettre en lumière les dégradations alarmantes du climat, et la nécessité de changer les habitudes. En France, une série de mesures législatives énergétiques (« RT ») a récemment acté cet état de fait, obligeant les nouveaux bâtiments à respecter des normes énergétiques de plus en plus draconiennes. A terme, la « RT2020 » devrait tendre vers la passivité complète des bâtiments, voire même à la production autonome d’énergie.

 

Laine, brique et béton de chanvre : toujours plus écologique

 

Pour le chanvre, grâce à ces nouvelles exigences énergétiques, c’est l’heure de la revanche. Les caractéristiques des fibres du chanvre en font un très bon isolant naturel thermique et acoustique. La laine de chanvre est utilisée sous forme de vrac, de rouleaux ou encore de panneaux semi-rigides. Dans ces deux derniers cas, l’adjonction d’environ 20% de fibres de polyester est nécessaire pour assurer la cohésion du produit. La laine de chanvre convient aussi bien pour l’isolation des murs que pour celle des toitures et des sols.

Le chanvre est également utilisé comme matériau de construction. La « brique de chanvre » recouvre une sorte de parpaing constitué principalement de chènevotte, désignant la tige du chanvre. Excellent isolant thermique, la brique de chanvre sert souvent à doubler des murs existants par isolation thermique intérieure (ITI), ou par isolation thermique extérieure (ITE). Elle est cependant suffisamment solide pour être utilisée à part entière avec une ossature en bois ou en acier. De manière plus étonnante, le chanvre est également utilisé dans une forme évoluée de la brique de chanvre, en tant que « béton de chanvre projeté ». Il s’agit d’un mélange de chanvre et de chaux, placé dans une machine spéciale qui projette le produit dans un tuyau pneumatique. A sa sortie, le mélange reçoit une pulvérisation d’eau et est ainsi projeté dans un coffrage de construction, ou sur un mur déjà existant.

Récente, cette méthode assure là encore une bonne isolation thermique et une excellente isolation acoustique, avec une masse volumique beaucoup plus réduite que le béton.