Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Comprendre la COP21 en 5 minutes

Votre projet

Si l’expression « COP21 » fleurit abondamment dans les médias ces derniers mois, sa réelle signification échappe encore aux moins avertis. « COP » est l’abréviation de la « Conférence des partis », dont les 195 États-membres ont signé  la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) au sommet de RIO en 1992. Vingt « COP » se sont ainsi déroulées depuis ; la Conférence de Paris du 30 novembre au 11 décembre sera la 21ème, d’où l’expression de COP21.

Comme son intitulé l’indique, la COP21 est loin d’être la première réunion internationale pour tenter de juguler la dégradation climatique. Avant même le sommet de Rio en 1992, des discussions internationales sur l’environnement se déroulaient depuis vingt ans, initiées par la Conférence de Stockholm en 1972. Le dernier sommet en date à forte résonnance médiatique remonte à 2009 avec la Conférence de Copenhague (COP15). Déjà présentée à l’époque comme la dernière chance pour sauver la situation, cette COP15 n’avait malheureusement pas abouti à un plan d’action concret. Face aux menaces évidentes sur le climat, la COP21 pourrait bien cette fois-ci être vraiment le tout dernier espoir pour la planète.

 

 Le réchauffement climatique, une réalité

 

Si les causes ne font pas encore l’unanimité, le constat est là : depuis le début du 20e siècle, la planète se réchauffe. Celle-ci alterne certes les périodes de glaciation et de réchauffement depuis son origine, mais l’action humaine (émissions massives de gaz à effet de serres liées aux révolutions industrielles) semble à peu près indéniable. Entre 1880 et 2012, la température moyenne de la planète s’est élevée de 0,85°, une hausse a priori insignifiante mais dans les faits puissamment impactante, avec des résultats visibles et parfois extrêmement spectaculaires.

La fonte des glaces est peut-être le plus fort symbole du réchauffement climatique. Même si le recul des glaciers remonte au milieu du 19ème siècle avant la révolution industrielle, le phénomène a pris depuis 1995 une brutale accélération, qui ne laisse guère planer de doutes sur son origine anthropique. En 2100, des glaciers comme celui de l’Antarctique pourraient avoir tout simplement disparus. Conséquence en partie directe, le niveau des océans augmente mondialement de 3,2 mm par an. Les catastrophes naturelles et les vagues de chaleurs constituent d’autres syndromes de ce réchauffement. Si rien n’est fait pour enrayer sa progression, d’ici la fin du siècle les effets seraient tout à fait catastrophiques sur la planète.

 

Les objectifs de la COP 21

 

La limitation du réchauffement climatique constitue justement l’objectif phare de cette COP21. Pour considérer la Conférence de Paris comme une réussite, un accord devra être signé par les 196 États pour limiter le réchauffement climatique à 2° jusqu’en 2100. Depuis la fin du 19e siècle, ce dernier est d’ores et déjà de presque 1°. Ce chiffre symbolique de 2° correspond au seuil « tolérable » du réchauffement, même si les effets visibles avec seulement 1° sont déjà passablement inquiétants.  Au-delà de ce niveau, les conséquences pourraient être irréversibles, c’est-à-dire que même une éventuelle baisse ultérieure ne suffirait pas à rattraper les dégâts opérés. Le constat a de quoi inquiéter, puisque les projections actuelles font état d’un réchauffement d’au moins 5° jusqu’en 2100, si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivaient sur le modèle actuel.

L’autre mesure importante de la COP21 consistera à faire respecter ce qui était pourtant une résolution de la Conférence de Copenhague. A l’horizon 2020, les États membres devront dépenser plus de 90 milliards d’euros par an pour aider les pays en voie de développement à lutter contre le réchauffement climatique. En effet, les pays les plus impliqués dans les émissions de gaz à effet de serre sont de loin les nations les plus puissantes et donc les plus industrialisées.

 

Parvenir à un accord commun

 

C’est là toute la difficulté de la COP21, et plus généralement de toutes les conférences internationales : mettre tout le monde d’accord. Et la difficulté s’annonce extrême. Outre le grand nombre d’États participants (195), les intérêts particuliers sont bien sûr très diversifiés. Un puissant clivage existe entre l’hémisphère nord, puissamment industrialisé, et l’hémisphère sud, moins développé. Les pays en voie d’émergence, qui devraient bénéficier en 2020 des aides financières des pays les plus industrialisés, ont tendance, à tort à ou à raison, à reprocher à ces derniers d’être les responsables du réchauffement climatique, et refusent ainsi l’idée de s’infliger des contraintes. De fait, la Chine, les États-Unis, l’Union européenne, la Russie et le Japon sont dans l’ordre les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. L’enjeu de la  COP21 sera ainsi d’aplanir les divergences communes, face à la nécessité inédite de limiter les dégâts. L’accord devra ainsi être « contraignant », obligeant juridiquement les États membres à tenir leurs engagements.